Tyndallomètre


Principe

Il permet de mesurer quantitativement, de façon reproductible et non invasive les éléments inflammatoires de la chambre antérieure, tyndall protéique, ou flare (coté de 1 à 4 en fonction de la visibilité des détails de l’iris et du cristallin), avec ou sans tyndall cellulaire (coté de 1 à 4 en fonction du nombre de cellules sur 1 mm²).

Son principe repose sur la diffraction d’un rayon laser par les protéines et/ou les cellules qu’il rencontre. Les photons ainsi diffractés sont ensuite quantifiés par un système photomultiplicateur.

L’effet tyndall est en fait très connu, comme illustré ci-dessous :
L'effet tyndall dans la nature
Photo par FEXX, non modifiée, sous licence CC BY-SA 3.0

Intérêt

(Article par le Pr. B. Bodaghi, paru dans le Tyndall n° 6 de juillet 2004)

L’évaluation des maladies inflammatoires est une condition préalable à toute approche thérapeutique efficace et adaptée. Ainsi, un surdosage ou à l’inverse un sous dosage en corticoïdes ou immunosuppresseurs pourrait entraîner des conséquences significatives pour le devenir visuel des patients. Par conséquent, l’évaluation doit être la plus précise possible. L’effet tyndall correspond à la présence de particules protéiques ou cellulaires en suspension dans l’humeur aqueuse ou le vitré. Le tyndall protéique est également connu sous le nom de « flare ». Il est détectable par tout ophtalmologiste grâce à l’examen à la lampe à fente. Elle est généralement cotée en nombre de croix. Ainsi, une uvéite mineure s’accompagne d’un tyndall à 1+ alors qu’une uvéite majeure, ne permettant plus l’accès au fond d’œil est responsable d’un tyndall à 4+. Malheureusement, cette analyse demeure grossière mais peut être affinée grâce au tyndallomètre laser. Cette évaluation est surtout adaptée aux uvéites touchant l’iris et le corps ciliaire, mieux connues sous le nom d’uvéite antérieure ou d’iridocyclite. En effet, pour les uvéites intermédiaires pures et les uvéites postérieures, les valeurs du flare sont subnormales. Précisons que la quantification du tyndall cellulaire par la machine n’est pas fiable.

Depuis le début des années 90, il est possible de quantifier le degré d’inflammation oculaire grâce à un dispositif appelé tyndallomètre laser (TL) ou « laser flare cell meter ». Il s’agit d’un rayonnement laser Hélium-Néon couplé à un photomultiplicateur et un ordinateur analysant le signal. Les valeurs sont exprimées en photons/milliseconde mais une conversion est possible en mg/ml. En pratique, l’examen est effectué dans l’obscurité. Une dizaine de mesures sont réalisées pour chaque œil. Une moyenne est ensuite automatiquement obtenue. Certains paramètres liés aux patients peuvent légèrement modifier les valeurs du flare. Cet examen est non invasif, très sensible, quantitatif par excellence, reproductible, indépendant de l’opérateur. Seuls quelques rares patients ne peuvent pas bénéficier de cet examen. En effet, les adhérences multiples entre l’iris et le cristallin (cf. synéchies), les dépôts de calcium au niveau de la cornée et les cataractes denses peuvent fausser les résultats. La valeur normale du flare est inférieure à 8 ph/ms. Les uvéites sévères s’accompagnent d’un flare supérieur à 600 ph/ms. En première approximation, les uvéites antérieures liées à une cyclite hétérochromique de Fuchs ou un lymphome oculaire s’accompagnent d’un flare quasi normal. Par contre, une uvéite rhumatismale liée à une spondylarthrite ankylosante s’accompagne d’un flare très élevé.

Comment utiliser le tyndallomètre laser ?
Le TL reste un outil important pour le diagnostic de certaines uvéites aiguës ou chroniques. Cependant, il aide surtout pour l’adaptation du traitement médical. En effet, la mesure du flare et de sa modification est une étape majeure avant d’effectuer un changement thérapeutique. Certaines aggravations de l’uvéite ne sont pas initialement perçues par les patients ni même l’ophtalmologiste lorsqu’il évalue le tyndall par la bio microscopie traditionnelle. La sensibilité du TL permet de pallier cette insuffisance. Ainsi, l’ophtalmologiste est en mesure d’adapter le traitement anti-inflammatoire au milligramme près avant qu’une rechute clinique survienne. L’examen prend toute son importance au cours des uvéites chroniques et multi-récidivantes. Celles survenant chez l’enfant, en particulier lors de l’arthrite juvénile idiopathique comptent parmi les meilleurs exemples.

Voir également

Pour aller plus loin

  • Un article (en anglais mais qui devrait être assez facile à comprendre) qui explique ce qu’est le flare et l’effet Tyndall. ainsi qu’une vidéo pour découvrir ce que l’ophtalmologiste voit quand il fait l’examen : What is an Aqueous Flare ?.
 3 avril 2015 par  webmestre
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